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Tailloir
Voir : Abaque.
Voir ill. Abaque.







Tambour
Mur polygonal ou cylindrique portant une coupole*.
Le tambour est important à la fois fonctionnellement et sémantiquement. Il permet :
a) de surhausser la coupole, donc de mettre en valeur sa signification symbolique, céleste et divine,
b) de renforcer l’élan vertical de l’ensemble de la construction, c) d’ouvrir des fenêtres juste en-dessous du dôme et ainsi d’éclairer l’intérieur de l’église d’une lumière quasi-zénithale.
En Arménie, jusqu’au milieu du viie s., le tambour, porté par des trompes, est octogonal. Après cette date, avec l’introduction des pendentifs, il devient progressivement cylindrique.







Technique de construction propre à l’architecture arménienne
Depuis l’Antiquité tardive, les bâtisseurs arméniens recourent, pour toutes les parties de leurs édifices, à une méthode qui consiste à maçonner le noyau des murs au moyen d’un mortier* de chaux et d’éclats de pierre, entre deux parements* de blocs volcaniques bien taillés sur leur face extérieure. Grâce à leur porosité, les pierres, tant du fourrage que des parements, s’imprègnent du liant*.
Du fait de sa parenté avec l’opus caementicium* pratiqué par les Romains dans l’Antiquité, on a attribué à la technique arménienne une origine romaine. En réalité, le principe du fourrage entre parements* est employé en Arménie bien avant l’arrivée des Romains, au moins depuis l’Ourartou (ixe-viie s. av. J.-C.), voire plus tôt encore, avec toutefois, dans le mortier, de l’argile à la place de la chaux. En outre, la technique arménienne se distingue par la double fonction du parement, qui n’est pas seulement esthétique mais aussi architectonique, puisqu’il s’unit étroitement au fourrage pour former avec lui une masse presque monolithique.
Voir : Appareil, blocage, chaux, coffrage, liant, mortier, parement.
Voir ill. Coffrage et blocage.







Temple périptère
Dans l’architecture gréco-romaine antique, temple entouré de colonnes sur ses quatre côtés. Celles-ci forment une colonnade extérieure.







Temple péristyle
Temple gréco-romain longé, sur ses faces intérieures, d’une colonnade, qui est donc interne.







Tenon
Saillie en forme de dent au bas d’un bloc pour assurer sa fixation sur une base munie d’une mortaise* (une cavité) de dimension correspondante. C’est ce principe qui permet d’ancrer un khatchkar* dans sa base.






Tétraconque (Église tétraconque)(n. f. et adj.)
Le nom désigne les églises à plan en croix tétraconque, c.-à-d. dont les quatre bras sont intérieurement arrondis et couverts d’une conque*. Les bras étant alors en principe égaux, de telles compositions, comme celles des organismes hexaconques, octoconques…, sont très équilibrées, centrées, illustrant le principe de l’unité de l’espace couvert par la coupole ; en même temps, elles manifestent la primauté du principe cruciforme*.
L’adjectif qualifie un plan et un volume d’église cruciforme tétraconque (= à quatre conques, en croix grecque*, en quatre-feuilles).
Voir aussi : Croix grecque ; croix libre (plan en c.l.) ; cruciforme (plan, composition cruciforme) ; plan centré ; plan centré rayonnant ; plan centré en carré tétraconque ; plan centré en carré tétraconque à niches diagonales ; plan centré en carré tétraconque à quatre appuis libres.







Tétrapode (n. m. et adj.)
Le nom désigne un édicule dont le toit est porté par quatre appuis*/supports*.
L’adjectif qualifie un tel édicule.
On parle de baldaquin* ou de ciborium lorsque les quatre supports portent une (petite) coupole*.







Thermes
Bains publics, dans l’Antiquité surtout romaine, avec système de chauffage des salles par le sous-sol, dit hypocauste*, attesté en Arménie même sur le site antique de Garni. La tradition se perpétue au Moyen Âge, comme l’attestent les vestiges de thermes sur les sites des villes de Dvin, Ani, Lori et au château-fort* d’Amberd.






Château-fort d’Amberd (xie s.). Thermes. Plan et coupe longitudinale d’après Tokarski. Le réduit au nord abritait la chaudière. Les pièces suivantes correspondaient au caldarium (pièce chaude) et au tepidarium (pièce tiède).


Tirant
Tige d'acier attachant l’un à l’autre les murs opposés d’un édifice pour empêcher qu’ils ne s’écartent et s’écroulent.
La technique de construction* employée par l’architecture arménienne rend en principe inutiles aussi bien les tirants que les contreforts* et arcs-boutants.







Toit en appentis
Toit à une seule pente, un seul versant*. S’emploie p.ex. sur les nefs latérales* d’une basilique*.







Toit en bâtière
Toit à deux pentes (deux versants*).







Tore (= Boudin)
Moulure* continue en saillie semi-cylindrique. On l’appelle également « boudin »*. Analogue, l’« astragale »* (ou « baguette ») est plus fin.



Boudin ou tore. 


Torsade
Ornement* sculpté imitant une torsade, c.-à-d. un cordon tordu en hélice (en spirale). Particulièrement en vogue au xe s., la torsade s’applique souvent à des demi-colonnes*, p.ex. sur les côtés de portes et de fenêtres ou encore sur des tambours* de coupole*.











Tour maîtresse
(D’après Maxime Goepp). Ce terme désigne toute tour dominante, des petites tours isolées aux tours situées dans des châteaux-forts* : tour-résidence, tour monastique, tour abbatiale, tour beffroi... Dans le royaume d'Arménie en Cilicie, on trouve des tours-portes aux proportions exceptionnelles, comme celle du château haut de Yılan Kale ou celle d’Anavarza qui contrôle le passage entre le château bas et le château haut et est datée de 1187.
On trouve aussi, toujours en Arménie cilicienne, des tours-garnisons, souvent aménagées sur des hauteurs et entourées d’une petite enceinte, à fonction principalement défensive mais parfois aussi résidentielle, comme à Kız (Dorak) ou Andıl. Cette mixité fonctionnelle se retrouve dans les tours monastiques, tours-maîtresses implantées au sein des monastères (Yanık, Değirmendere, Anacık, Işa…).



Anavarza (Cilicie), grande tour munie d’une inscription arménienne datée de 1187, qui contrôle le passage du château bas au château haut. Photo Zaven Sargsyan.


Tour monastique
(D’après Maxime Goepp.)
De récentes recherches ont permis d’identifier, sur le territoire du royaume d’Arménie en Cilicie, une vingtaine de tours isolées, pour la plupart dans des sites en ruine qui correspondent à des monastères* arméniens médiévaux (xiie-xiiie s.). Quatorze d’entre elles, partiellement conservées, constituent un groupe homogène : ce sont de grandes constructions à plusieurs étages, soigneusement bâties en technique traditionnelle* à blocage* entre parements*, sur plan quadrangulaire, dont chaque angle est renforcé par une tourelle arrondie. On peut attribuer à ces tours une fonction principale défensive, celle de refuge en cas d’attaque, à laquelle peut parfois s’ajouter une fonction secondaire, résidentielle.
Ce type de tour monastique isolée n’est pas attesté en Arménie métropolitaine. Il n’a rien en commun avec les bâtiments en forme de tour tels que mausolées* et campaniles* que l’on peut voir dans les monastères médiévaux d’Arménie proprement dite. Dans ces derniers, la fonction défensive est assurée par l’enceinte*, quasi obligatoire. Des bastions* renforcent généralement la capacité défensive des enceintes, mais, à la différence des tours de Cilicie, ils ne sont pas isolés



Yanık (Cilicie). Tour monastique (xiie-xiiie s.). Photo Maxime Goepp


Transenne
Voir : Claustra.
Voir ill. Claustra.







Transept
Nef* transversale qui coupe à angle droit la nef principale d’une église et donne au plan et au volume la forme d’une croix.
En Arménie, au-dessus du carré délimité par l’intersection de ces deux axes se dresse toujours la coupole*, précédée du tambour*, le tout bâti en pierre.
Tekor en donnait probablement le premier exemple, à la fin du ve s.







Travée (à l’intérieur d’une église)
Portion d’une nef entre deux paires d’appuis* (de supports).







Trésor
Salle d’un ensemble monastique* destinée à la conservation des objets précieux et notamment des reliquaires*.










Tresse
Ornement formé de deux tiges ondulées qui s’entrecroisent.
Voir : Entrelacs.







Tribune
Galerie* placée au-dessus du narthex* ou du bras ouest de l’église et ouvrant par une arcade* dans la nef* ou dans l’espace central. Réservée aux femmes, elle se pratique dans les régions orthodoxes voisines de l’Arménie, notamment en Géorgie.
Très rare en Arménie, car étrangère à sa tradition, la tribune n’apparaît que tardivement ou dans des édifices marqués par l’orthodoxie. A la période contemporaine, elle accueille la chorale paroissiale.







Triconque (Église triconque) (n. f. et adj.)
Le nom désigne les églises à plan en croix triconque, c.-à-d. comportant trois absides* ou conques* au nord, à l’est et au sud (bras intérieurement arrondis et couverts d’une conque), tandis que le quatrième bras, à l’ouest, est rectangulaire.
L’adjectif qualifie un plan d’église cruciforme* à trois conques.
Voir aussi : Croix libre (plan en c.l.) ; croix latine ; plan en croix triconque à quatre appuis libres.








Trinef (Basilique trinef)(n. f. et adj.)
Désigne ou qualifie une basilique* qui possède trois nefs.







Triplet
Fenêtre comportant trois baies* arquées.
Voir ill. Meneau (B).









Trompe
Portion triangulaire de cône placée entre les arcs portant une coupole*. Un premier rang de quatre trompes permet de passer du plan carré formé par les quatre appuis*, à l’octogone de base du tambour*. Un second rang de huit trompillons*, placé en haut du tambour, assure la transition à l’assise circulaire de la coupole.
En Arménie, la trompe a cédé sa place au pendentif* dans le courant du viie s.







Trompillon
Chacune des petites trompes*, souvent taillées dans une seule pierre, placées dans le tambour*, au-dessus du niveau des trompes*, pour permettre le passage de l’octogone au cercle.








Tuf
Pays de volcans éteints, l’Arménie est riche en tuf volcanique. C’est une roche poreuse, tendre, donc facile à tailler et à sculpter, et d’une grande diversité chromatique. Avec le basalte, plus dur et de grain plus fin, c’est le principal matériau de construction, dont l’abondance a fortement favorisé le développement de l’architecture dans ce pays.







Tuile
Petite pièce de céramique (terre cuite) qui, jusqu’au viie s. inclus, constituait (semble-t-il) en Arménie l’unique matériau de couverture* des toits et coupoles*, ces dernières ayant alors une forme extérieure arrondie. Dans l’Antiquité romaine, cette pièce revêtait principalement deux formes : a) la tuile plate dite tegula qui avait de courts rebords verticaux ; b) la tuile creuse et arrondie dite imbrex, que l’on posait sur deux rebords de tegulae juxtaposés pour les couvrir et protéger leur jonction.
Ce principe s’est maintenu durant les premiers siècles du christianisme en Arménie. L’antéfixe* romaine qui achevait le rang d’imbrex à son extrémité inférieure s’est elle aussi perpétuée, sous une forme et avec un décor simplifiés.
Au sortir de la domination arabe, à partir du ixe-xe s., la tuile, peut-être en raison d’une résistance insuffisante, est progressivement remplacée par des plaques de pierre qui se chevauchent les unes les autres par l’intermédiaire d’une saillie arrondie inspirée des imbrex antiques. L’usage de ces plaques planes donne dès lors aux dômes* arméniens leur forme rectiligne pointue caractéristique, en pyramide, cône ou ombrelle*.




Achtarak. Chapelle Ste-Mère de Dieu dite Karmravor (c. 2e moitié viie s.). Tuiles en grande partie refaites dans les années 1970, tant sur les toits que sur le dôme.


Türbe






Tympan
Pierre semi-circulaire qui surmonte une porte ; généralement porteuse de décor sculpté ou peint.
Parfois le tympan repose sur un linteau*.







Typologie
En architecture : étude des traits caractéristiques qui permettent de classer différents édifices, parties de constructions, dispositifs, formes, motifs…, en fonction d’éléments qui leur sont communs. L’objectif est de faciliter l’étude par l’identification et la classification des types.









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