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Déambulatoire annulaire
Le déambulatoire, couloir destiné au passage (à la déambulation), est dit annulaire quand il entoure complètement, en forme d’anneau, l’espace central. Dans l’architecture arménienne, ce type de déambulatoire s’observe à la cathédrale de Zvartnots et dans les églises de son groupe. Le noyau cruciforme tétraconque* est entouré, à son premier et principal niveau, d’un couloir annulaire qui le sépare de son enveloppe polygonale quasi cylindrique ; l’édifice revêt ainsi l’aspect d’une rotonde*.




A) Banak/Bana, cathédrale (fin ixe-déb. xe s.). Plan (d’après P. Donabédian 2008, p. 200) inspiré de celui de Zvartnots, avec un noyau tétraconque entouré d’un puissant volume annulaire. B) Banak/Bana, cathédrale. Vue intérieure du déambulatoire annulaire. Photo Ch. et J.-C. Hotellier.

Demi-colonne
Saillie verticale en forme de colonne*, faisant partie d'un dispositif décoratif tel que la colonnade-arcature aveugle* ou les piédroits* de portail*. Se présente souvent sous la forme d'une paire (demi-colonne géminées) sur les façades et les tambours*.



Cathédrale de Talin
 (2e moitié viie s.). Façade est. Colonnade-arcature aveugle de l’abside. La demi-colonne de chaque extrémité de l’abside est simple (à fût unique) ; les demi-colonnes du centre sont doubles (à paire de fûts, « géminées »).




Denticule
Désigne chacune des petites saillies cubiques qui, disposées en rang, constituent une bande sculptée* soulignant les éléments architecturaux : corniche*, arc de fenêtre*, bord de chapiteau*...
Voir ill. Corniche dentelée.







Dièdre (Niche dièdre)
1. Se dit en principe d’un angle formé par deux demi-plans qui ont une arête commune.
2. Concernant l’architecture arménienne, s’emploie en particulier pour qualifier les niches formées de l’intersection de deux plans (= niches triangulaires), creusées par paire dans les façades.
Parfois (ex. : à Ste-Hripsimé) le fond est plat : il s’agit alors de niches trapézoïdales.
Caractéristiques de cette architecture, apparues au viie s. sur les églises du groupe de Ste-Hripsimé, ces niches sont parfois qualifiées d’arméniennes. Elles sont placées à l’articulation entre une abside/conque et les deux pièces qui la flanquent. Elles ont une remarquable pluralité de fonctions : esthétique, symbolique/sémantique, architectonique/parasismique et pratique (percement de deux fenêtres latérales).



A) Aroutj, façade orientale (années 660). Paire de niches dièdres.
B) Ste-Hripsimé (617- années 620). Paire de niches à fond plat = trapézoïdales.

Dolmen
Construction mégalithique préhistorique en forme de table constituée d'une ou plusieurs dalles de couverture placées sur des pierres posées de chant*. Les blocs utilisés sont à peine dégrossis. Un exemple caractéristique peut être vu en Arménie à Zorats karer / Karahoundj.



Zorats-Karer / Karahoundj. Site mégalithique (c. ive mill. av. J.-C.). Au centre d’un cromlech, sont conservés les vestiges d’une construction primitive (funéraire ?) semblable à un dolmen. Photo Z. Sargsyan.


Dôme
Toit qui couvre une coupole*.
Jusqu’au viie s. inclus, en Arménie, les dômes étaient probablement tous couverts de tuiles* céramiques et avaient une forme arrondie.
Après la domination arabe, la tuile, insuffisamment résistante, est remplacée par des plaques de pierre qui dictent la forme désormais rectiligne-pointue des dômes. Par suite de l’évolution de la forme des tambours*, les dômes, d’abord octogonaux puis dodécagonaux (= à 12 faces), deviennent souvent coniques au cours du Moyen Âge. Au xe-xie s. est également créée la forme pittoresque du dôme en ombrelle* sur tambour couronné d’un rang de pignons*.
On emploie parfois aussi le terme « coiffe* » pour désigner le toit de la coupole.







Dôme en ombrelle
Couverture (toit) de coupole* en forme de cône « plissé » donnant l'impression d'une ombrelle (d’un parapluie) à demi ouverte.
Cette configuration est directement liée au rang de pignons* qui couronne les tambours* sur lesquels s’appuient de tels dômes.
Cette forme pittoresque semble apparue en Arménie au sortir de l’occupation arabe, vers la fin du ixe s. ; elle est populaire dans ce pays au xie et xiiie s. et le reste jusqu’à nos jours.
Elle s’observe également en Allemagne occidentale à la période romane, et sur des mausolées turcs (türbe*) d’époque seldjoukide et mongole, ainsi que yézidis ; elle apparaît aussi ici et là en Asie centrale.



Zarindj, église (c. fin ixe-déb. xe s.). L’un des premiers exemples de dôme en ombrelle, avec seulement huit plis, peu marqués, engendrés par un tambour à huit faces. Khətzkonk, monastère. Église Saint-Serge (1024). Cet exemple « classique » d’ombrelle à 12 plis, sur les douze pignons du tambour, est qualifié de « couronne éclatante » par l’historien du xiie s. Samuel d’Ani. Darachamb (nord-ouest de l’Iran), monastère Saint-Étienne (1643-1655 et c. 1680). En accord avec la richesse décorative générale du monument, l’ombrelle est enrichie par les croix-acrotères qui surmontent ses plis et par les têtes d’animaux, sortes de gargouilles, qui marquent leurs pointes inférieures. Photo A. Melikian.

Donjon
En Occident : construction réservée au seigneur et à sa famille, particulièrement renforcée, élevée, souvent en forme de tour, isolée à l’intérieur d’un château-fort* médiéval. A la période moderne, le terme est devenu synonyme de dernier refuge dans le château.
Concernant l’Orient et notamment l’Arménie, spécialement le royaume d’Arménie en Cilicie, il est conseillé (Maxime Goepp) d’éviter le terme « donjon », dont le contenu lié à la société féodale occidentale n’existe pas, et d’utiliser le terme tour maîtresse* (créé par Jean Mesqui en 1991).








Doucine
Moulure* à double courbure. S’abaissant en retrait à partir d’une tablette saillante et dessinant un S, concave en haut, convexe en bas, est dite « doucine droite » : s’observe sous une corniche* et sous l’abaque* (= le tailloir) d’un chapiteau*.
S’élevant en retrait à partir d’une tablette saillante, et présentant un profil concave en bas, convexe en haut, est dite « doucine renversée » : s’observe souvent sur une base*, au-dessus de la plinthe*.
La moulure à profil inversé par rapport à la doucine est appelée « talon ».



Doucine droite et renversée. 


Douve
En Occident : fossé qui entoure un château-fort*, une fortification, les remparts* d’une ville… et est empli d’eau pour améliorer la protection du lieu.    En Arménie, la douve ne semble pas attestée. Souvent, elle n’est d’ailleurs pas nécessaire, car les lieux fortifiés exploitent autant que possible les défenses naturelles offertes par les sites choisis ; parmi celles-ci, les vallées profondes des cours d’eau sont largement mises à profit.









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