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Corbeille
Voir : Chapiteau à corbeille.
Voir ill. Chapiteau à corbeille ; chapiteau composite ionique-arménien.







Corniche
Bande saillante et moulurée, parfois ornée de sculptures, qui couronne une façade et assure la transition avec le toit.



Achtarak. Chapelle dite Karmravor (viie s.).
 La corniche à pan incliné orné d’un entrelacs est caractéristique de la 2e moitié du viie s. Sur le tailloir est sculptée une tresse.



Corniche à entrelacs
Corniche présentant, sous la tablette du tailloir, un pan incliné orné d’un entrelacs. L’entrelacs est le plus souvent anguleux (à angles pointus), mais il peut aussi être curviligne.
Après Dvin, ce type revêt sa forme la plus caractéristique à la cathédrale de Zvartnots (mil. du viie s.). A partir de là, il se répand sur de nombreux monuments de la seconde moitié du viie s. et se maintient aux siècles suivants.



Zvartnots. Cathédrale (mil. viie s.).
 Portion de corniche à entrelacs anguleux sculpté sur l’assez large bande inclinée. A partir de Zvartnots, ce type de corniche est très fréquent durant la 2e moitié du viie s.



Corniche à rang d'arcs outrepassés
Corniche* présentant, sous la tablette du tailloir, un rang d’arcs outrepassés (une arcature outrepassée). Type de corniche le plus répandu en Arménie dans la 1e moitié du viie s.
Sous l’arcature prennent souvent place un ou deux rangs de petites dents dièdres, pyramidales ou trapézoïdales.
Ce motif de l’arcature outrepassée, un peu plus riche dans son traitement de détail, est très populaire sur les arcs de fenêtres* arméniens du vie-viie s.



Mastara. Eglise St-Jean (années 640-650). Corniches à rang d’arcs outrepassés.


Corniche à rang de modillons
Corniche* présentant, sous la tablette du tailloir, un rang d’assez grosses dents relativement saillantes et moulurées ou ornées de sculptures, qui s’apparentent à des consoles.



Pemzachèn.
 Chapelle à coupole sur triconque inscrite (viie s.). Tambour. Corniche à modillons cannelés et « crochus ».




Corniche dentelée (denticulée)
Corniche* découpée sur sa partie inférieure en un (ou plusieurs) rang(s) de petites dents cubiques ou denticules*.



Talin. Chapelle Ste-Mère de Dieu (viie s.).
 Au-dessus du rang de denticules inférieurs, deux rangs de petits cubes en damier sont disposés. Ainsi enrichie, la large corniche produit un effet décoratif insolite.



Coupole
Voûte* en principe hémisphérique, toujours exhaussée en Arménie par un tambour*. Placée à l’intersection des bras de la croix ou des volumes qui rayonnent autour d’elle, la coupole a une forte tendance centripète, même sur les compositions longitudinales ; elle a aussi une signification très importante, puisqu’elle symbolise la voûte céleste et le royaume de Dieu.
En principe, le terme « coupole » devrait s’appliquer à la seule partie intérieure, aussi appelée « calotte* », de cette structure. Mais dans l’usage courant (ainsi que dans le présent glossaire), on entend par « coupole » l’ensemble de la structure, y compris sa couverture extérieure, plus spécifiquement appelée « dôme* ».
A la règle de la présence obligatoire d’un tambour sous elles, seules les coupoles qui coiffent les gavits* ou jamatouns* (sortes de narthex*) font exception : elles en sont privées. En outre, elles sont tronquées, c.-à-d. ouvertes en leur centre. Ceci trahit probablement leur origine liée à la coupole à poutres en encorbellement progressif (hazarachèn*) autour de la lucarne* centrale ou erdik*, des maisons paysannes dites gəlkhatoun*.
Voir aussi : Dôme.



Lmbat (viie s.).
Chapelle à coupole sur croix triconque.

Monastère Kétcharis. Gavit (c. 1200)
 devant l’église principale. La coupole du gavit est sans tambour et tronquée. La lucarne centrale (erdik) est surmontée d’un lanternon.

Courtine
Portion d’un mur d’enceinte comprise entre deux tours ou bastions.



Ani. Rempart du roi Smbat (xe s.), restauré au début du xiiie s. Succession de courtines entre des tours.


Couvent
Voir : Monastère.







Couverture
Structure couvrant extérieurement un édifice ou l’une de ses parties. Ex. le dôme sur une coupole, un toit, un auvent.







Couvrement
Structure couvrant intérieurement un espace. Ex. une coupole (sa calotte), une voûte, un plafond.







Crampon (= Agrafe)
A) Pièce de fer ou de bronze à crochets ou à deux queues d'aronde qui, scellée à plomb, servait à attacher les unes aux autres les pierres d’une même assise* dans la maçonnerie* des constructions antiques (période préchrétienne).
Souvent, sur des assises* de murs antiques en ruine, le métal ayant été volé, une alvéole en double queue d’aronde à cheval sur deux blocs voisins trahit l’existence passée d’un crampon.
B) Dans l’Arménie chrétienne, ce type d’attache disparaît avec la propagation de la maçonnerie à blocage* dans un coffrage*, liée au mortier* à chaux*. Son principe s’emploie toutefois très rarement, en cas de forte exigence de solidité, p.ex. pour les colonnes* de la cathédrale de Zvartnots (mil. viie s.).



Tigranocerte (Tigranakert) d’Artsakh (1er s. av. J.-C.).
 Vestige de muraille avec alvéoles de crampon à queues d’aronde.



Crépis, krépis
Terme d’architecture grecque antique désignant la plateforme à gradins (à degrés, à marches), souvent au nombre de trois, qui sert de soubassement* à des édifices du culte. Ce dispositif se maintient en Arménie après l’adoption du christianisme, sous une forme réelle ou imitée, dans quelques églises mémoriales ou martyriales d’une grande importance, comme Tekor, Ererouyk, Zvartnots, et au pied des monuments à stèle crucifère*. Son souvenir se perpétue à travers les siècles sous la forme résiduelle des marches disposées au bas des murs (sur leur face extérieure) de presque toutes les églises d’Arménie.



A) Basilique d’Érérouyk (c. vie s.). Vue du sud-ouest. L’église s’élevait sur une plateforme à cinq ou six marches (gradins, degrés), ou plutôt sur son imitation : le pourtour de la plateforme rocheuse était muni de rangs de gradins de façon à créer l’impression d’une crépis bâtie. B) Garnahovit (viie s.). Façade occidentale. Les trois marches qui élargissent (et renforcent partiellement) le bas des murs ne sont plus qu’une réminiscence de la crépis.

Croisée d’arcs
Voir : Arcs croisés.







Croix grecque
Croix dont les quatre branches ont la même longueur.
En sculpture, elle s’applique à la plupart des croix en médaillon des premiers siècles chrétiens, tant en Arménie qu’en Géorgie.
En planimétrie, cette forme s’observe dans les églises cruciformes tétraconques* d’Arménie, à quatre bras égaux.



Basilique d’Érérouyk (c. vie s.). Façade sud, portail est. Croix grecque aux bras évasés dans un médaillon (sorte de « croix de Malte ») au centre du linteau de la porte. Zvartnots, cathédrale (milieu viie s.). Plan (d’après M. Hasratian 2000, p. 338) en croix grecque tétraconque, inscrite dans un polygone à trente-deux faces.

Croix inscrite (Plan en c.i.)
Se dit d’un plan d’église à coupole dans lequel le volume intérieur en croix est inscrit (englobé) dans un périmètre. Ce périmètre est souvent quadrangulaire, mais il peut aussi être polygonal.
Il arrive que le bras ouest de la croix soit dégagé (libre) : on parle alors de croix semi-inscrite (ou semi-libre).



A) Kotavank (fin ixe s.). Plan (d’après S. Mnatsakanian 1960, p. 58) en croix triconque inscrite dans un rectangle. B) Saint-Serge de Khətzkonk (1024). Plan (d’après T. Toramanian, in J. Strzygowski 1918, p. 105) en croix tétraconque inscrite dans un polygone à 20 faces.

Croix inscrite à quatre appuis libres (Plan en c.i. à 4 a.l.)
Plan en croix inscrite dans lequel la coupole s’appuie sur quatre appuis libres placés au centre d’un périmètre quadrangulaire.



Mren (années 630). Plan d’après Hasratian 2000, p. 350.


Croix inscrite cloisonnée (Plan en c.i.c.)
Croix inscrite dans laquelle les appuis* de la coupole* font corps avec les murs et forment l’extrémité de quatre cloisons internes.
Deux chapelles-sacristies* (généralement munies d’une absidiole*) à étage (= doublées en hauteur) flanquent toujours l’abside* et font partie du massif des appuis orientaux de la coupole. Ce type de c.i.c. est parfois appelé « c.i.c. ouverte ».
Il arrive aussi que deux autres chapelles-sacristies à mêmes caractéristiques se logent aux angles occidentaux. Dans ce dernier cas, l’église compte, outre l’abside principale, huit absidioles (dans les 8 chapelles-sacristies angulaires) et donc huit autels* secondaires. Ce type est parfois appelé « c.i.c. fermée ».
On appelle « salle à coupole* » la forme initiale de cette composition, encore nettement allongée, employée dans l’Arménie du viie s.
La propagation de la c.i.c. dans l’Arménie médiévale s’explique sans doute par la bonne tenue que sa compacité assure à cette composition lors des séismes.



A) Monastère Kétcharis, église principale (déb. xie s.). Plan (d’après Documenti di Architettura 11, p. 43) en c.i.c. avec deux chapelles-sacristies à l’est. B) Monastère Gandzassar, St-Jean-Baptiste (1216-1238). Plan (d’après Documenti di Architettura 17, p. 8) en c.i.c. avec des chapelles-sacristies aux quatre angles.

Croix latine
Croix plus haute que large, principalement parce que sa branche inférieure est plus longue que les trois autres.
Cette forme caractérise la « croix victorieuse » qui, des monnaies paléo-byzantines (vie-viie s.), est transférée sur les linteaux et tympans des églises arméniennes du viie s. C’est presque toujours une croix-arbre de vie, c.-à-d. à formes végétales poussant de ses extrémités, surtout de son pied.
À partir du ixe s., elle est adoptée sur des milliers de khatchkars*.
En architecture, cette forme s’observe dans le plan des églises en croix (libre ou inscrite) monoconque* et triconque*, où le bras occidental est allongé.



A) Vosképar et Zoravar (VIIe.).Croix latine au centre des tympans. B) Hortoun (876) (photo S. Karapetian). L’un des premiers khatchkars datés. Porteuse du message de victoire, la verticalité de la croix latine s’accorde avec la forme allongée des khatchkars qui, à partir de la fin du ixe s., se multiplient en Arménie.
C) Alaman, St-Ananias (637). Plan (d’après M. Hasratian 2000, p. 130) en croix libre triconque. La relative longueur du bras ouest permet de qualifier la croix de « latine ».

Croix libre (Plan en c.l.)
Plan dans lequel les bras de la croix sont libres, dégagés. S’oppose au plan en « croix inscrite ».
Ce plan est très souvent utilisé en Arménie à la période paléochrétienne et surtout durant l’âge d’or du viie s. pour des chapelles à coupole, probablement funéraires ou mémoriales.
On distingue trois types de plan en croix :
- monoconque*, avec seule l’abside (= le bras est) intérieurement arrondie, donc couverte d’une conque* ;
- triconque*, avec trois bras à extrémité intérieure arrondie (trois conques);
- tétraconque*, avec les quatre bras intérieurement arrondis.
Cette forme arrondie à l’intérieur est englobée le plus souvent, à l’extérieur, dans un contour rectangulaire.






Achtarak, Ste-Mère-de-Dieu dite Karmravor (viie s.). Plan (d’après M. Hasratian 2000, p. 133) en croix libre monoconque. Vue générale du sud. Talin, Ste-Mère-de-Dieu (viie s.). Plan (d’après M. Hasratian 2000, p. 264) en croix libre triconque. Vue générale du sud-est. Ochakan, Quarante Martyrs (viie s.). Plan (d’après M. Hasratian 2000, p. 123) en croix libre tétraconque. Vue générale du sud-est.

Croix de pierre isolée
Parmi les premiers monuments verticaux « mineurs » apparus après l’adoption du christianisme en Arménie figuraient tout naturellement des croix de pierre isolées, dégagées. Témoignages livresques et vestiges préservés le confirment. La vulnérabilité de ces croix explique que seuls des fragments en sont conservés. Ceux-ci montrent que leur taille était bien supérieure à celle des petites croix qui couronnaient les monuments à stèle ou à colonne. Une telle croix, datable du viie s., a pu être reconstituée à partir de morceaux trouvés à Dvin. Quelques spécimens médiévaux attestent que le type a subsisté tout au long des siècles, mais en petit nombre.



A) Dvin. Croix dont les fragments ont été recollés (c. viie s.). Musée d’Histoire d’Arménie B) Etchmiadzine, catholicossat. Croix provenant de Hovhannavank (1171)


Cromlech
Monument mégalithique* préhistorique constitué de monolithes verticaux (menhirs*) disposés en cercle.
Attesté en Arménie notamment à Zorats-Karer / Karahoundj.



Zorats-Karer / Karahoundj. Site mégalithique
 (c. ive mill. av. J.-C.). Disposés en cercle, les menhirs forment un cromlech avec, en son centre, les vestiges d’un dolmen. Photo Z. Sargsyan.



Cruciforme (Plan, composition cruciforme)
Se dit du plan et/ou de la composition volumétrique d’une église à coupole* dont l’espace est conçu à partir de la forme de la croix. Du carré central couronné par la coupole partent quatre bras, quatre volumes qui dessinent une croix. Quand ces quatre bras ou volumes sont égaux, la croix est dite grecque* ; quand son bras ouest est plus long, elle est dite latine*. La croix peut être libre* ou inscrite*.







Crypte
Caveau* construit sous l'église et abritant généralement une ou plusieurs sépultures. En Arménie, dans plusieurs cas, un martyrium* (mausolée*) généralement paléochrétien se trouve sous l’abside d’une église érigée le plus souvent plus tard que lui, la chapelle funéraire* ancienne qui le surmontait ayant été détruite pour être remplacée par l’église nouvelle. C’est le cas p.ex., au viie s., à Mren, Ste-Hripsimé, Ste-Gayané, et au xixe s., à Ochakan...
Il arrive que la chapelle funéraire surmontant le caveau/crypte dès l’origine soit partiellement conservée (Karénis, Talin), permettant de mieux saisir ce type de structure à deux (ou trois) niveaux.



A) Karenis, St-Thaddée (c. viie s.). Plan d’après M. Hasratian 2000, p. 191. Chapelle mononef. En pointillés : la crypte, c.a.d. le caveau hypogé (= souterrain), en forme de petite pièce voûtée à abside. B) Karenis, St-Thaddée. Vue intérieure vers l’est. L’effondrement de la partie ouest permet de voir, sous la chapelle à nef unique, le haut de la crypte.

Cul-de-four
Voir : Conque.







Cuve baptismale (Niche baptismale)
Petit bassin toujours placé, dans la tradition arménienne, à l’intérieur de l’église, au bas d’une niche* creusée à l’extrémité est du mur nord. De nos jours, cette cuve est souvent installée dans la sacristie* nord-est.
L’Arménie n’a pas conservé de bâtiment isolé, spécifiquement destiné au baptême par immersion, qui puisse être appelé « baptistère* ».



Monastère de la Fosse Profonde (Khor Virap). Église principale (années 1660). Niche baptismale à l’extrémité est du mur nord.


Cyclopéen
Voir : Appareil.









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