Accueil     Notes préliminaires   Glossaire   Agrandir les photos d'un clic de souris

A B C D E F G H I J K L M N O P R S T V


C2 C3 C4
















Cadran solaire
Bas-relief semicirculaire sur lequel sont gravées (ou peintes) des divisions rayonnantes, généralement au nombre de onze ou douze, correspondant aux heures de la journée. Les plus anciens spécimens connus en Arménie datent du viie s. A l’extrémité de ces rayons sont inscrites les heures, notées par des lettres de l’alphabet. Au point central d’où partent ces rayons est fixée une tige métallique (= gnomon, style) dont l’ombre, projetée sur l’une des lettres, donne l’heure.



Monastère de Kétcharis.
 Gavit (c. 1200), cadran solaire au centre de la faç. sud.



Calotte
Partie intérieure, le plus souvent hémisphérique, d'une coupole*.



Mastara, St-Jean (années 640-650).
 Intérieur de la coupole (= calotte), orné de moulures-rayons.



Campanile
Construction généralement en forme de tour, surmontée d’un lanternon*, isolée de l’église et contenant une ou plusieurs cloches.
« Campanile » et « clocher* » sont souvent perçus comme des synonymes. Voir plus bas le sens spécifique de « clocher ».
En Arménie, le campanile est inconnu avant le xiiie s. On lui attribue, ainsi qu’à la cloche elle-même, une origine occidentale, peut-être par l’intermédiaire de Byzance. La forme antérieure et plus traditionnelle utilisée ici est celle de la simandre*, planche en bois que l’on frappe avec un maillet.



Monastère de Haghbat. Campanile (1245).
Tour à trois niveaux avec structure originale d’octogone sur croix, coiffé d’un lanternon.



Caravansérail
Bâtiment qui accueille, au Moyen-Orient médiéval, les marchands et les pèlerins, notamment les caravanes, hommes et bêtes de somme, le long des routes. On emploie généralement le terme d’hôtellerie lorsque ce genre de bâtiment se trouve en ville.
Beaucoup de caravansérails ont été construits au xiiie s., tant en Arménie, sous des princes arméniens, qu’en Asie Mineure, sous des princes turcs.



Caravansérail de Zor (xiiie s.),
 actuel district d’Igdir (Turquie de l’est), architecte Achot.



Catholicos
Titre équivalent à celui de patriarche, dans le sens de chef d’une Église. Étant autocéphale, l’Église apostolique arménienne a son propre catholicos.
Par suite des vicissitudes de l’histoire, cette Église a aujourd’hui deux catholicos (l’un à Etchmiadzine, en Arménie, et l’autre à Antélias, au Liban) et deux patriarches (l’un à Jérusalem et l’autre à Constantinople/Istanbul). Parmi ces quatre primats, le catholicos d’Etchmiadzine est qualifié de "patriarche suprême", car son autorité morale est reconnue par les trois autres.







Caveau
Pièce souterraine (= pièce hypogée) destinée à recevoir des cercueils ou des sarcophages, parfois dans des niches appelées arcosolia (pluriel d’arcosolium*).
Un martyrium* ou un mausolée* comprend en principe un caveau.
En Arménie, le caveau se transforme souvent en crypte* lorsqu’une église est construite plus tard, au-dessus de lui.


Aghts / Aghtsk, mausolée des rois arsacides d'Arménie (années 360).
 Plan et coupe du caveau, et élévation restituée de la chapelle (disparue) sur le caveau.



Cavet
Moulure* curviligne concave en quart de cercle. S’abaissant en retrait à partir d’une tablette saillante, il est dit « cavet droit » : s’observe souvent sous une corniche*. S’élevant en retrait à partir d’une tablette saillante, il est dit « cavet renversé » : s’observe souvent sur une base*, au-dessus de la plinthe*.
Un cavet de petite dimension, suivi d’une droite verticale est appelé un « congé* ».



Cavet droit et renversé.


Cellier
A) Le principe du cellier à jarres enterrées constitue une tradition en Arménie où il est connu depuis l’Antiquité. En particulier au temps du royaume d’Ourartou (ixe-viie s. av. J.-C.), les entrepôts des citadelles comportaient des rangées de grandes jarres enterrées, destinées à la conservation de vin, de bière, d’huile et de céréales.
B) Ce principe se maintient au Moyen Âge et jusqu’à nos jours. Les monastères notamment possédaient des celliers, dans le sol desquels des jarres étaient enterrées aux mêmes fins de conservation de vin et de provisions.



A) Teïchébaïni / Karmir Blour (près d’Erevan, viie s. av. J.-C.).
 
Rangs de grandes jarres enterrées dans les entrepôts royaux d’une citadelle d’Ourartou.

B) Monastère de Haghbat. La bibliothèque (xie-xiiie s.)
fut transformée au bas Moyen
Âge en cellier, avec l’insertion de nombreuses jarres dans son sol.

Cellule monastique
Pièces destinées au logement des moines, les cellules sont généralement disposées en rang le long de la paroi intérieure de l’enceinte des monastères.



Monastère Ste-Lance / Sb Guéghard
 (xiiie s. – temps modernes).
 Plan général. Cellules rangées le long des portions est et sud de l’enceinte.



Cénobite
Moine vivant en communauté sous l'autorité d'un supérieur (d’un abbé) à qui il doit une obéissance absolue.
Se distingue de l’ermite* qui est un moine solitaire.








Chaîne
Ornement constitué d’anneaux entrelacés, généralement disposé en bande.



Ani, cathédrale (989-1001).
Faç. sud. Chaîne complexe sur le chambranle de la fenêtre centrale.



Chaîne seldjoukide
Ornement fait d’un gros entrelacs* anguleux à deux tiges, où les entrecroisements sont suivis de segments horizontaux. L’appellation est conventionnelle, car ce type d’entrelacs est au moins aussi, voire plus fréquent dans l’Arménie du xiiie-xive s. que sur les monuments turcs d’époques seldjoukide et mongole.



Éghvard, église funéraire du déb. du xive s.
 La « chaîne seldjoukide » y est largement employée, y compris pour dessiner la croix.



Chalcédonien  (adj.)
Sont dites chalcédoniennes les Églises (grecque orthodoxe, romaine catholique, …) qui ont adopté le dogme sur les deux natures, divine et humaine, dans la personne du Christ, formulé lors du concile de Chalcédoine, en 451. Ces Églises sont dites aussi « dyphysites » [deux natures] (antérieurement « diophysites » ou « dyophysites »;
Fondateur de l’orthodoxie grecque et proclamant la primauté du patriarche de Constantinople, le concile de Chalcédoine a vu ses décisions rejetées par les Églises orientales, notamment l’arménienne. Restées fidèles au dogme d’Éphèse (431) sur « l’unique nature du Verbe incarné », ces Églises ont longtemps été taxées de « monophysisme » [une seule nature, la divine], qualification qu’elles rejettent.
Voir : Miaphysite, monophysite.
Malgré le rejet de Chalcédoine, des foyers chalcédoniens* ont été actifs en Arménie.


Chambranle (cadre) rectangulaire de fenêtre
Au xe-xie s., une forme répandue de décoration des fenêtres arméniennes est un cadre ou chambranle rectangulaire entourant entièrement la baie*.
Cette forme a été précédée par (et résulte probablement de) l’insertion, sous les extrémités de l’arc de fenêtre* qui se pratiquait au viie s., de deux paires de colonnettes, formule assez fréquente au xe s.
Le chambranle rectangulaire se maintient aux siècles suivants, sans évincer totalement les formes antérieures.
Dans son ornementation, outre les moulures* linéaires et les entrelacs*, on trouve une grande diversité de motifs végétaux et géométriques.



Chambranle rectangulaire de fenêtre. Cathédrale d’Ani (989-1001). Centre de la façade ouest.


Chanfrein
Biseau taillé sur les arêtes d’un bloc de pierre, pour éviter les dommages que ses angles pourraient subir lors de la pose. Attestée à la période paléochrétienne et jusqu’à l’âge d’or du viie s., cette pratique disparaît après l’occupation arabe.



Basilique d'Érérouyk (c. vie s.).
Faç. est, partie nord. Blocs chanfreinés.



Chant (de chant)
A. Face étroite d’un bloc de pierre taillé en plaque rectangulaire (en plaque parallélépipédique).
B. Un tel bloc parallélépipédique est dit « de chant » (ou « sur chant ») quand il est placé verticalement sur son côté étroit. Cette expression s’emploie p.ex. à propos des plaques qui constituent les bords des sépultures traditionnelles de l’Arménie, de l’Antiquité à la fin du Moyen Âge. Le défunt y est enterré sur le dos, la tête à l’ouest, les pieds à l’est, dans une fosse dont les côtés sont bordés par des plaques posées de chant.



B) Érérouyk, cimetière au sud de la basilique. Sépulture double datée au C14 entre 256 et 421 (Mission archéologique du LA3M, fouille de 2013). Des plaques dressées de chant constituent les bords du coffre.



Chapelle
Petite église n’ayant pas son propre prêtre ; sanctuaire secondaire rattaché à une église.
En Arménie, les édifices du culte sont souvent de dimensions très réduites ; l’on est donc tenté d’appeler « chapelle » une église de petite taille, mais c’est sans fondement objectif. En revanche, cette appellation a une certaine pertinence quand un tel sanctuaire, petit édifice cruciforme à coupole, est situé en lisière d’un lieu habité, dans un cimetière, entouré de sépultures : il est alors légitime de le ranger dans la catégorie des « chapelles funéraires »*.
Dans les églises en croix inscrite*, on peut appeler chapelle angulaire ou « chapelle-sacristie* » les pièces angulaires (sacristies) munies d’une absidiole*.



Monastère de Khətzkonk (xie s. - photo déb. xxe s.).
 Les petits sanctuaires disséminés à une certaine distance de l’église principale, St-Serge, peuvent être appelés « chapelles 
».



Chapelle funéraire
Petite église destinée à des services funéraires, en mémoire de défunts dont la sépulture est (était) probablement située à proximité.
De nombreuses chapelles* construites en-dehors des localités, dans des cimetières, entourées de tombes et de stèles et khatchkars, appartiennent vraisemblablement à cette catégorie.
C’est aussi le cas des oratoires* situés au-dessus ou à côté de martyria*, mausolées* ou caveaux*.



Petit sanctuaire cruciforme à coupole Ste-Mère de Dieu d’Achtarak, dite « Karmravor » (= Rouge) (2e moit. viie s.).
Situé dans un cimetière, au-dessus d’une localité qui possédait des églises paroissiales, constituait sans doute une chapelle funéraire.



Chapelle-khatchkar
L’ampleur du phénomène du khatchkar et sa popularité sont telles que sa typologie s’est largement diversifiée. Elle ne se limite pas à la stèle isolée, mais comprend plusieurs autres types, dont la catégorie des chapelles-khatchkars. La plaque à croix y est insérée dans une maçonnerie beaucoup plus large qu’elle, souvent munie d’un haut piédestal et couverte d’un grand arc et parfois d’un toit en bâtière. Cette « enveloppe » confère à l’édicule, malgré son objective petitesse, une certaine monumentalité qui autorise l’appellation conventionnelle de « chapelle » qui lui est donnée.



 Monastère de Khətzkonk. Cour de la chapelle St-Grégoire. Chapelle-khatchkar du début du xie s., probablement l’un des premiers spécimens de cette typologie, populaire au xiiie s. Aujourd’hui détruite. Photo Archives du Musée d’Histoire d’Arménie.



Chapelle martyriale
Petit sanctuaire dédié au culte d’un ou plusieurs martyrs, pouvant faire partie de son/leur martyrium*.



Zovouni, St-Vardan (c. ve s.).
Ruines d’un martyrium présumé, avec chapelle mononef probablement martyriale. Plan. Vue de la chapelle avec, à droite, le caveau.



Chapelle mémoriale
Petit sanctuaire dédié à la mémoire d’un personnage (saint, martyr, héros…) ou d’un événement important (site d’une vision, d’une bataille…).




Chapelle-sacristie
On peut appeler « chapelle-sacristie » ou « chapelle angulaire » les pièces angulaires ou sacristies* des églises en croix inscrite* de l’Arménie médiévale. En effet ces pièces, souvent au nombre de huit (4 x 2, car elles ont deux niveaux), sont munies d’une absidiole*, donc d’un autel secondaire. Les inscriptions semblent lier ces chapelles à la mémoire de donateurs secondaires : on peut supposer que des offices « privés » y étaient célébrés.



Plan de l’église d’Amberd (1026).
 Aux quatre angles de la croix inscrite sont logées des sacristies à absidiole, donc des chapelles. Chacune a deux niveaux.




A B C D E F G H I J K L M N O P R S T V


C2 C3 C4















   Accueil    Notes préliminaires      Plan     Agrandir les photos d'un clic de souris

Collectif 2019 AHA