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Apotropaïque (adj.)
Protecteur, capable de détourner les influences maléfiques. Cet adjectif peut désigner la fonction de nombreuses figurations. P.ex., les reliefs représentant, au-dessus de portes et de fenêtres, la croix, des scènes de combat, un fauve ou un dragon…, ont probablement été conçus dans un but apotropaïque.



Chapelle de Baybourd (ve-vie s.). Croix en médaillon sculptée sur la porte, sans doute pour prémunir le sanctuaire des influences maléfiques.
Arindj. Vestiges d'un fortin médiéval. Vichaps protégeant l'entrée.

Appareil
Disposition, assemblage et dimensions des pierres visibles d'une construction (= d’une maçonnerie*). Les autres matériaux de construction, comme la brique et le bois, rares dans l’Arménie médiévale, ne sont pas considérés ici.
Selon les dimensions des blocs, on parle de grand, moyen, ou petit appareil. L’appareil diffère aussi selon la façon dont les pierres sont jointes (à joints vifs*, par des crampons, avec un liant*...).
Un appareil constitué de très grands blocs irréguliers et non liés est dit cyclopéen.
Compte tenu de la technique arménienne de construction, à blocage* entre deux parements*, c’est l’appareil de ce coffrage* qui est considéré, et en particulier celui du parement de façade.
C’est pourquoi le terme « appareil » diffère de celui de maçonnerie* dont le sens est plus large.
Appareil a donné le verbe appareiller (= agencer les pierres d’un mur) et le nom « appareillage » = action, manière d’appareiller.



Fort médiéval de Goussanagyough.
 Au pied des murs : exemple d’appareil cyclopéen.
. Pətəghni (mil. viie s.).
Faç. sud. Exemple d’appareil arménien à parement en pierres de taille.
.

Appentis (Toit en a.)(= Auvent)
Toit à une seule pente, un seul versant*, adossé à un mur. Les bas-côtés* (= nefs* latérales ou collatéraux) des basiliques* sont couverts d’appentis.



 Basilique de Tzitzernavank (c. vie s.), de type « hellénistique ». Chaque bas-côté est couvert d’un toit en appentis, tandis que la nef centrale est couverte d’un toit en bâtière.


Appui (= Soutien, support)
Élément architectural vertical (pilier*, colonne*, portion de mur…) qui soutient les superstructures (voûte*, plafond*, tambour* de la coupole*…).



Basilique de Kassagh (c. ve s.).
 Appuis de la voûte en forme de piliers en T.



Appui composé (= Appui [ou support] articulé, fragmenté)
Appui* composé de plusieurs éléments verticaux. À leur tour, ceux-ci définissent la configuration à plusieurs rouleaux* de l’arc* qui s’y appuie.
Fréquent au viie s., l’appui composé présente un quart de parallélépipède dans l’angle droit formé par les deux bras d’un des piliers* porteurs de coupole*.
L’évolution de l’appui composé, avec multiplication de ses articulations, conduit au xe-xie s. à l’appui fasciculé*.



Église Ste-Gayané (années 630). Vue intérieure vers l’abside. Appuis composés, avec quart de parallélépipède à l’angle des deux bras des piliers.
Naturellement, les arcs qui y reposent ont deux rouleaux.



Appui engagé
Appui* (pilier* ou colonne*) attaché au mur (« engagé » dans le mur, partiellement intégré à lui) et plus ou moins saillant. Une colonne engagée peut aussi être appelée « demi-colonne ».



Salle à coupole d'Aroutj (années 660). Les appuis de la coupole sont des piliers engagés dans les murs latéraux.


Appui fasciculé
Appui* (pilier*, colonne*) composé d’éléments verticaux ou de colonnettes, joints de manière à former un bouquet ou faisceau*.
La forme initiale de l’appui composé* (ou articulé) est apparue durant l’âge d’or* du viie s. Se développant, ce dispositif s’est ensuite illustré sous sa forme fasciculée dans l’architecture d’Ani, vers l’an mil. En Occident, il est caractéristique de l’architecture gothique.



Cathédrale d’Ani (989-1001). Pilier nord-est de la coupole : exemple d’appui fasciculé.


Appui libre
Appui* (support*, pilier* ou colonne*) entièrement dégagé, indépendant des murs, isolé d’eux.



Église de Mren (années 630).
 La coupole s'appuie sur quatre piliers libres.
 Ici pilier nord-est.



Arabesque
Ornement composé de rinceaux végétaux pouvant former, à travers des enroulements et des entrelacs, des figures souvent complexes. Très prisée dans les arts de l’islam, l’arabesque a été populaire également en Arménie médiévale, en particulier dans la décoration architecturale, sur les khatchkars et dans l’enluminure, aux périodes d’étroits contacts avec les voisins musulmans.



Khatchkar de Dadivank (1283). Médaillon au pied de la stèle, orné d'arabesques très fouillées.


Arc
Élément de maçonnerie* en forme de bande courbe constituée de claveaux* (ou voussoirs*). L’arc exerce souvent une fonction de soutien, mais il peut aussi être décoratif. Selon la ou les courbes suivies, on parle d’arc en plein cintre* (en demi-cercle), outrepassé* (en fer-à-cheval), brisé*, en accolade*...



Types d’arcs.


Arc à rouleaux
Arc* à plusieurs rangs de claveaux* (ou voussoirs), décalés. Dans l’architecture arménienne, la configuration de l’arc et notamment le nombre de ses rouleaux* sont généralement dictés, avec une logique rigoureuse, par l’articulation des appuis* qui le portent.



Haghbat, église St-Signe (fin xe s.).
 Vue intérieure vers l'abside.
Arcs à trois rouleaux.



Arc aveugle
Arc* décoratif qui n’est pas dégagé, pas ouvert, mais « plaqué » contre un mur (en réalité, solidaire du parement mural). En Arménie, il se présente souvent sous la forme d’une série d’arcs, c.-à-d. d’une arcature* aveugle.
Voir : Arcature aveugle.



Église St-Serge d’Artik (2e moit. du viie s.).
 Arcs aveugles en haut de la conque ouest.



Arc brisé
Arc* à deux branches concaves qui se joignent en pointe à son faîte (= à son sommet). Est dit aussi « arc en tiers-point ». Parfois appelé à tort « arc en ogive ». 
Un arc brisé aux proportions allongées (étiré verticalement) peut être appelé « arc lancéolé ».



Monastère de Tanat, église principale (1279). Façade ouest. Double arc brisé sur le premier chambranle du portail.


Arc de décharge
Arc* construit au-dessus du linteau* d’une porte pour reporter sur ses côtés la charge* qui autrement s’exercerait sur son centre.
Dans l’Arménie des premiers siècles chrétiens, cet arc est souvent remplacé par une fente de décharge découpée dans la face inférieure du « second linteau », c.-à-d. d’un bloc de même largeur, qui surmonte le « premier » linteau.
Sur les portes intérieures de la cathédrale d’Avan, on trouve trois « linteaux » superposés, donc deux fentes de décharge.



 Cathédrale d’Avan (années 590). Façade ouest. Arc de décharge pour soulager le linteau.  Basilique d’Eréruyk (c. vie s.). Portail ouest. Fente de décharge.  Cathédrale d’Avan (années 590). Porte menant d’une niche diagonale aux trois-quarts cylindrique à une sacristie. Deux fentes de décharge superposées.

Arc de fenêtre (Corniche de fenêtre)
Une bande sculptée* légèrement saillante, cintrée pour surmonter le haut de la baie* et munie à ses extrémités de deux courts replis horizontaux : telle est la formule la plus répandue en Arménie, à la période paléochrétienne* et surtout durant l’âge d’or du viie s.*, pour décorer les fenêtres.
Cette bande peut porter de simples moulures* linéaires, ou des motifs ornementaux, végétaux ou géométriques, souvent disposés en un rang de petites unités répétées.
Le répertoire ornemental, commun à d’autres éléments architecturaux, y est d’une grande diversité : rangs de denticules*, de boules, d’arcs souvent outrepassés*, de godrons*, de rosaces*, de demi-feuilles et de palmettes*, de pointes de diamant, de caissons carrés, de navettes tête-bêche, de navettes en croix ou en cercles ; rinceaux, tiges végétales, tresses* et chaînes, festons simples et intersectés, pendants et montants, bâtons brisés (zigzags, rangs de triangles)...
Au xe-xie s., l’arc à bras horizontaux, après avoir été complété par deux paires de colonnettes sous ses deux extrémités, est progressivement combiné avec le chambranle rectangulaire* qui entoure toute la baie, puis remplacé par lui.
Deux arcs de fenêtre du viie s.
Église d’Aroutj, faç. ouest, fen. sud.
Cathédrale de Talin, faç. nord, part. est. Un arc de fenêtre de l’an mil. Cathédrale d’Ani, faç. est.

Arc diaphragme
Arc* transversal (perpendiculaire à l’axe longitudinal de l’édifice) surmonté d’un pan de mur vertical. Ce dernier soutient généralement un plafond. Forme très rare en Arménie.
Voir : Mur diaphragme.



Arc (et mur) diaphragme.


Arc doubleau
Arc* transversal (perpendiculaire à l’axe longitudinal de l’édifice) qui soutient la voûte* en doublant son intrados*.



Basilique de Kassagh (c. ve s.).
Voûte portée par des arcs doubleaux.



Arc en accolade
Arc* décoratif en forme d’accolade (= variété d’arc brisé* à double courbure).



Monastère de Khoranachat.
Église principale (1211-22), portail nord.
Arc brisé légèrement en accolade.



Arc en plein cintre
Arc* semi-circulaire. Lorsqu’un tel arc est doubleau*, c’est-à-dire lorsqu’il renforce une voûte*, celle-ci est dite « voûte en berceau plein cintre ».
Voir ill. Arc doubleau. Basilique de Kassagh (c. ve s.). Voûte portée par des arcs doubleaux.







Arc formeret
Arc* parallèle à l'axe longitudinal d’un édifice voûté, « plaqué » contre les murs latéraux et lancé entre des piliers engagés. On le trouve souvent en Arménie dans des églises mononefs. Cet arc fait généralement partie d’une série de trois arcs analogues qui contribuent à soutenir les retombées de la voûte*.



Intérieur de l’église de Téjarouyk (fin xiie s.).
Trois arcs formerets le long du mur nord.



Arc outrepassé
Arc* dont la courbure dépasse le demi-cercle, aussi appelé « arc en fer à cheval ». Très fréquent en Arménie, tant en plan qu’en élévation, à la période paléochrétienne*, cet arc se fait plus rare aux époques suivantes.



Basilique d’Érérouyk (c. vie s.).
 Faç. sud, portail ouest.
Voir aussi ci-dessous illustration "arc triomphal".



Arc polylobé
Arc* formé de plusieurs arcs. Très répandu dans l’architecture musulmane, notamment en Andalousie à partir du xe s., ce type apparaît en Arménie au xiiie- xive s., dans l’architecture (assez rarement), la sculpture des khatchkars et l’enluminure.



Monastère St-Jean (Hovhannavank).
 Façade ouest du gavit (1250).
 Série d’arcs polylobés.



Arc triomphal
Arc* qui borde l’abside*, encadrant sa conque*, et la sépare symboliquement de la nef* ou de l’espace central de l’église.
A la période paléochrétienne*, l’arc triomphal des chapelles mononefs* et basiliques trinefs* est souvent orné de moulures* ou de bandes sculptées* et porte parfois à son sommet une croix (croix grecque*) à bras évasés, en médaillon ou, comme à Baybourd, sans médaillon.



Chapelle mononef de Baybourd (c. ve s.).
Vue intérieure vers l’abside.





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